Le studiolo, un attribut propre aux « princes »

Les princes italiens de la Renaissance aimaient se faire aménager dans leur palais un studiolo, ou cabinet de travail, où ils se retiraient pour lire ou écrire. Il s’agit donc d’un lieu où règne la connaissance mais aussi, et surtout, la culture. Que ce soit pour l’admiration publique ou une délectation personnelle, le possesseur d’un studiolo accorde énormément d’importance à la décoration de cette pièce. Leur pratique s’apparenterait alors à une sorte de collectionnisme dont l’exigence est le maître mot.

Dès lors, afin d’avoir le privilège de posséder les plus belles oeuvres d’art, ils font appel aux illustres artistes de leur époque. Artistes et princes instaurent alors une relation que les anglophones définissent par le terme « patronage ». Il s’agit d’une relation où le prince est le patron d’un artiste qui devient inévitablement subordonné. Cette relation est complexe dans le sens où le commanditaire a des exigences à faire respecter et l’artiste une indépendance à préserver. En effet, les princes avaient un statut social à défendre ou plutôt à confirmer. De ce fait, ils imposaient des contraintes aux artistes afin que leurs souhaits soient respectés. Ainsi, pour éviter toute ambiguïté, chaque commande était précisée dans les moindres détails. La créativité des artistes étant conditionnée, certains n’hésitaient pas à manifester leur mécontentement. Cependant, le tableau achevé répondait toujours aux attentes du commanditaire. Il permettait de transmettre un message, de refléter la personnalité du « prince » ou encore de révéler des valeurs revendiquées comme nous le verrons avec l’exemple d’Isabelle d’Este et de son studiolo. 

Pour aller plus loin, je vous invite à lire « Princely culture : Friendship or patronage ? » extrait du premier volume de Princes and princely culture, 1450-1650 qui fut rédigé sous la direction de Martin Gosman, professeur de langues et littérature romanes à l’Université de Groningen aux Pays-Bas. Rédigé par Martin Gosman lui-même, ce texte évoque la nature des relations entretenues par les artistes de la Renaissance et la Cour princière, en France mais aussi en Italie et en Espagne. Le passage qui nous intéresse informe sur les exigences d’Isabelle d’Este qui commandait un tableau en y précisant toujours chaque détail attendu.

A propos mantegna13

Nous sommes quatre étudiantes en deuxième année de Licence d'Histoire de l'Art à la Sorbonne Paris 1. Dans le cadre d'un cours de Ressources Numériques inclus dans notre programme, nous avons pris l'initiative de créer un blog sur le tableau d'Andrea Mantegna intitulé Minerve chassant les vices du jardin de la vertu et conservé au Musée du Louvre à Paris. Nous traiterons l'aspect moral de cette œuvre en parallèle avec son pendant du même auteur, le Parnasse.
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