Les allégories du Parnasse

Andrea Mantegna, Le Parnasse, v. 1496-1497, huile sur toile, 159x192 cm., Paris, Musée du Louvre, département des Peintures, inv. 370

Mars et Vénus, dit Le Parnasse, fut la toute première oeuvre commandée par Isabelle d’Este pour son studiolo et fut l’unique peinture exposée pendant cinq ans. Il célèbre les amours illicites de Mars et Vénus dont l’union donna naissance à Cupidon. L’évocation de ces amours était perçue par les contemporains comme une allusion au couple formé par François II et Isabelle d’Este. Le peintre reprend un sujet mythologique classique pour en faire une allégorie de l’Amour.

Au centre de la peinture, debouts sur un rocher en forme d’arc, nous reconnaissons Mars et Vénus représentés selon l’iconographie traditionnelle. Vénus est représentée nue, les cheveux détachés,  aux côtés de Mars recouvert de son armure et portant ses attributs tels que le bouclier, le casque et la lance. L’union de ces deux personnages forme une discordia concors qui signifie « discorde concordante ». En effet, Vénus est la déesse de l’Amour et de la Beauté tandis que Mars est le dieu de la Guerre. Ces personnages sont donc antagonistes par principe mais leur union donne naissance à une harmonie. A droite, cupidon tient d’une main un arc sans flèche et de l’autre une sarbacane avec laquelle il tente de viser les organes génitaux de Vulcain, évincé dans ses forges à l’arrière plan gauche et exprimant sa colère.

Au premier plan, nous distinguons Apollon jouant de la lyre et accompagné des neufs muses ambassadrices des arts. Elles dansent en cercle au pied de l’arc et tournent leurs regards vers les différents personnages de la scène.  A leur droite, Mercure se tient debout accompagné de son cheval Pégase. Il est également représenté avec ses attributs ordinaires qui sont les bottes ailés et le caducée. Mercure symbolise la sagesse qui mène à la vertu grâce à la connaissance. A ses pieds, nous reconnaissons la source Hippocrène qui coule du Mont Hélicon et qui est directement liée à Pégase. En effet, c’est d’un coup de sabot qu’il la fit jaillir. Cette source est également associée aux Muses car elle est devenue le lieu emblématique de la création artistique et permettrait de donner l’inspiration poétique. Ainsi, il n’est pas rare de voir les Muses et Pégase représentés autour de la source Hippocrène comme l’illustre ces deux exemples.

Joos de Momper, L'Hélicon ou la visite de Minerve aux Muses, (non daté), huile sur panneau, 140x199cm., Anvers, Musée Royal des Beaux-Arts

René Antoine Houasse, Minerve sur le Parnasse, entre 1689 et 1706, huile sur toile, 130x184cm., Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Enfin, nous pouvons distinguer trois animaux peints sur l’herbe sèche. Les lièvres symbolisent la luxure tandis que l’écureuil rappelle que la sagesse humaine, sans la connaissance divine, ne peut suffir à atteindre la vraie vertu.

En cliquant sur ce lien, vous pourrez accéder à un article rédigé en italien par Giulia Masone, rédactrice scientifique pour Iconos, qui propose une analyse du Parnasse accompagnée du cartel de l’œuvre ainsi que de sa bibliographie. Elle évoque rapidement le contexte de création de l’oeuvre ainsi que son historique tout en rappelant la difficulté d’interprétation de cette oeuvre.

Et si vous voulez en savoir plus sur les origines et les mythes liés à Pégase, vous pouvez lire les deux articles suivants : « Si Pégase m’était conté » et « Pégase en symboles« . Ils ont été rédigés par une blogueuse qui  consacre son blog toujours d’actualité à la poésie.

Vous pouvez également trouver une description détaillée des neuf Muses qui recense leurs noms ainsi que les arts auxquels elles sont associées grâce au texte intitulé « Les Muses » rédigé par Jacques Taravella, professeur de Lettres.

A propos mantegna13

Nous sommes quatre étudiantes en deuxième année de Licence d'Histoire de l'Art à la Sorbonne Paris 1. Dans le cadre d'un cours de Ressources Numériques inclus dans notre programme, nous avons pris l'initiative de créer un blog sur le tableau d'Andrea Mantegna intitulé Minerve chassant les vices du jardin de la vertu et conservé au Musée du Louvre à Paris. Nous traiterons l'aspect moral de cette œuvre en parallèle avec son pendant du même auteur, le Parnasse.
Cet article, publié dans Analyse formelle, Parnasse, est tagué , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s